jeudi 24 juillet 2008
Le chat, coi, assis
La shakuhachi, comme vous l'avez lu dans le titre, est une flûte de bamboo qui fait fouuuuuuuuu et qui relaxe grave sa mère.
L'historique de cet instrument est intéressant. En effet, sous le shôgunat de la famille Tokugawa (une des familles restée le plus longtemps au pouvoir avant l'avènement de l'empereur Meiji en 1868), cette flûte à cinq trous était jouée par les moines de la secte Fuke. Ces moines appelés komusô, considéraient cet instrument plus comme un objet religieux que musical. Cette secte était itinérante or le shôgun n'aimait pas les voyageurs, car c'était un grand paranoïaque maniaco-dépressif (je brode). Il accorda cependant exceptionnellement et exclusivement à ces moines le droit d'utiliser le shakuhachi, en échange d'informations. Beaucoup de samurai sans maître rejoignirent la secte Fuke. Cela fut facile car les komusô portent sur la tête un panier cachant une bonne partie de leur visage. Ces espions permirent de surveiller une grande partie du Japon, qui connut une paix relative sous Tokugawa.
Une rumeur tend à supputer d'ailleurs que si le shakuhachi devint plus épais à cette époque, c'est pour permettre à ces guerriers espions de se battre avec !
Vers la fin du règne Tokugawa (ce qu'on appelle l'ère Edo, l'ancien nom de Tôkyô), des imposteurs prirent l'habit des moines de la secte Fuke, mais ceux-ci ne jouaient que des airs populaires, bien éloignés des pièces classiques jouées par les moines. A la révolution de 1868 (je raccourcis), qui vit la chute du shôgun et la mise en place d'un empereur, la secte fut démantelée pour son ancienne complicité avec le shogunat. Les moines komusô laissèrent tomber leur flûte et inventèrent la guitare électrique. Le rock'n'roll était né !
Voici un solo de shakuhachi :
Et voici un duo shamisen/shakuhachi :
lundi 23 juin 2008
Il jouait du koto debout
Suite du rapide tour d'horizon des instruments japonais traditionnels.
Aujourd'hui le koto.
Le koto est une sorte d'origine cithare en bois chinoise (ou l'inverse). Joué au début à la Cour Impériale, l'instrument s'est malheureusement peu à peu démocratisé jusqu'à échouer chez les gueux.
Malheureusement pour les superstitieux, le koto classique comporte 13 cordes, mais qu'ils se rassurent, le koto peut aussi exhiber 17, 20, 25, 30, 32, et même 80 cordes (ce dernier reste expérimental).
Chaque corde, faite de nylon, est séparée en deux partie par un chevalet. Pouce, majeur, et index de la main droite (celle que vous utilisez pour le salut hitlérien) s'occupent de grattouiller la partie droite à l'aide d'un onglet en ivoire appelé tsume. La main gauche (mais si, celle dont vous vous servez pour écrire), nue, sert à appuyer la partie des cordes de l'autre côté des chevalets pour modifier le ton. voici un exemple avec un extrait de la pièce Rokudan :
Traditionnellement, le koto se joue à genoux, et tant pis si ça fait mal. Il peut se jouer de nos jours rehaussé sur un chevalet. Occidentalisation...
A noter que sur cette vidéo, les deux mains sont toutes les deux utilisés à droite des chevalets. La femme qui joue s'appelle Masayo ISHIGURE.
Je finirai l'article en citant deux compositeurs majeurs qui ont renouvelé le koto au XXe siècle, j'ai nommé Michio MIYAGI et Tadao SAWAI, dont voici un aperçu joué par Kazue SAWAI.
Pour plus d'informations : http://www.matsumiya.info/pages-wmv/3-KOTO-PC-musique-traditionnelle-japonaise.htm
samedi 21 juin 2008
Le chat mise N
Voici le premier article d'une série qui sera consacrée aux instruments traditionnels japonais.
Aujourd'hui, le machin à cordes tenu par la dame avec des baguettes dans les cheveux.
Le shamisen est un instrument populaire japonais d'origine chinoise (comme beaucoup de trucs japonais ; exemple : les yeux bridés).
A cause de sa caisse de résonance ronde, les gens qui méprisent la rigueur le compare au banjo. Le shamisen se joue d'ailleurs aussi avec un plectre, tout comme le banjo à quatre cordes. Le plectre du shamisen est généralement en bois et quand on crie bashi, il répond c'est moi. Les ophiophobes se féliciteront du fait que cette caisse de résonance soit parfois en peau de serpent alors que les félinophiles regretteront qu'il arrive des fois qu'elle soit aussi faite de peau de chat...
Tout un imaginaire asiaphobe sur la consommation des chats en nems/rouleaux de printemps/beignets/soupes/raviolis vapeur/pâtisseries confites s'ouvre à vous.
Ainsi que cette vidéo :
Si le shamisen est un instrument utilisé dans les arts classiques japonais (comme le kabuki), certains comme les frères Yoshida originaires d'Okinawa ont remis au goût du jour le shamisen. Quoi, vous ne me croyez pas ??? Cliquez sur la vidéo bande d'incrédules !
PS : le mot félinophiles n'existe pas.










