mardi 22 septembre 2009
Où ça ?
DANS LA SACOCHE
stranger in the night
stress chez la tarentule
le phacochère strangule
il a la chair anger
sortie du rang la tarentule
pas à l'heure sa pendule
le phacochère l'accule
pauvre agneau
loupe pas le coche
mon cochon
et maintenant
par quel angle peuchère ?
et maintenant
faire bonne chère
avec ce bidule ?
de la glue
de la glue ?
de la glue !
Fin du jeu... Ce petit texte a pour départ la phrase "le phacochère strangule" que l'on peut entendre sur le disque Heavy du groupe palois KOURGANE.
samedi 28 mars 2009
je rêve de tout
Un petit texte sans prétention, que j'ai produit pour m'amuser...
je rêve de tout
je rêve de sous
je rêve de toi je rêve de moi
surtout
je rêve dans toi
je rêve saoul
je rêve ivre je rêve sous
toi
je rêve des lits
je rêve de livres
je rêve délits je rêve des
rats
je rêve qu'en-dira-t-on
que dix rats tuent
trente-trois ratons
laveur
je rêve sale
je rêve de bout je rêve en train
je rêve sans thé
sur l'oreiller
je rêve sans toit
je rêve cent fois ni loi
je rêve sans fin je rêve en
FIN
samedi 26 juillet 2008
Le faux croyant
Coucou. Voici un pseudo-sonnet pastichant plus ou moins les poètes du dix-neuvième. Ton emphatique, désespoir affiché, grandiloquence, etc.
Pour rappel, le pastiche est une sorte de plagiat délibéré et avoué.
LE
FAUX CROYANT
Une après-midi
bavarde comme l’Enfer,
je regardais avec
jalousie
se désagréger un
Oxylbodine rond et amer,
rongé par je ne
sais quelle force impie.
Comme j’aurais
voulu que cela soit moi !
Plongé dans l’eau
rédemptrice,
dissout dans ce monde
où tout crisse,
où tout hurle et où
tout brûle !
J’aurai vendu mon
âme pour un octroi,
et me serait
volontiers perdu au fond d’un vallon,
lové comme le
serpent, muet et ridicule.
Dieu ou un autre, je
t’en prie ! Réponds !
Dis-moi s’il est un
lieu où les hommes
sans fureur se
reposent à l’ombre des ormes.
lundi 2 juin 2008
Comme l'odeur
Comme l’odeur d’un vieux livre,
comme une jeune fille dans mon rétroviseur,
insaisissable.
Un monde meilleur,
un autre,
plus beau.
Derrière.
chaque fois il se défilait,
le serpent.
Mon monde meilleur,
mon autre,
plus beau,
derrière.
Et pourtant aujourd’hui
derrière tes lunettes
j’ai vu.
cet autre,
plus beau.
dimanche 23 mars 2008
Un jour, un livre ? Non !
Coucou.
La semaine prochaine, c'est la semaine du haïku sur le blog N !
Le principe est simple : un jour, un haïku, et ce jusqu'à dimanche.
Rendez-vous demain !
mardi 18 mars 2008
S'ECOULER - 11
La fin de cette histoire. Je joins le fichier WORD de l'histoire intégrale. (S_ECOULER)
{REPARTIR
VERS}
Dans le train
j’ai un peu pleuré au début, mais je me suis rapidement calmé car il y avait
beaucoup de voyageurs dans le wagon et que je ne voulais pas qu’ils me voient. J’ai
attendu une petite demi-heure puis j’ai appelé Sophie en m’assurant,
auparavant, que ma voix n’était pas tremblante en demandant l’heure au passager
assis derrière moi, en guise de test. J’étais heureux d’entendre sa voix et
j’ai eu envie de repleurer mais je suis parvenu à me contrôler. Elle m’a
demandé comment mon séjour s’était passé et je n’ai répondu rien de plus que
« bien ».
« Il me
tarde de te revoir », m’a-t-elle annoncé sans transition. « Moi
aussi » ai-je dit. Une dernière fois, en arrivant à Rennes, j’ai visualisé
les lettres que j’avais inscrites sur la pierre, en songeant que je ne les avais
peut-être pas gravées assez profondément, tout en espérant cependant qu’au
moins l’érosion du vent n’effacerait pas le prénom avant ma mort.
Dans le hall de la gare, Sophie m’attendait avec sa jupe à pois rouges que j’aime tant.
samedi 15 mars 2008
S'ECOULER - 10
L'avant dernier épisode de S'ECOULER.
{GRAVER POUR}
Je repensais à
la journée de la veille et je n’arrivais pas à me dire que ces événements
étaient réels. Cette sensation était accentuée par mon isolement sur cette
plage. D’habitude les malouins foulait son sable dès les premières heures du
matin. Mais ce matin, il n’y avait pas âme qui vive, et c’était d’autant plus
étonnant que nous étions un samedi. Je me suis pris à me demander si Saint-Malo
tenait encore debout. Ces habitants étaient-ils vivants, ou bien fantômes
depuis toujours ? Pourquoi n’y avait-il personne sur la plage ? J’ai
alors décidé qu’effectivement, Saint-Malo était morte, et qu’elle n’avait
jamais existé, ni dans ma tête ni sur les cartes. Le bassin Vauban est asséché
depuis bien longtemps, les remparts de la ville se sont effondrés, le Bacchus
n’a jamais été un restaurant, et Julia n’a jamais existé.
Ces pensées
virevoltaient avec fracas dans ma tête engourdie. Elles percutaient mon crâne
avec une telle violence que j’ai crû que moi aussi j’allais mourir. J’ai
rassemblé mes dernières forces pour m’approcher de l’eau glacée et m’en
asperger le visage. L’odeur de l’iode et le goût de sel qui pénétrèrent mon
corps m’ont remis un peu d’aplomb. Je me suis retourné pour constater que
Notre-Dame Des Flots surplombait encore le Havre de Rothéneuf. J’ai décidé de
marcher un peu le long de la mer. Quand j’en ai eu marre, je me suis rappelé de
l’abbé Fouré, celui qui avait modelé la côte de Rothéneuf de ses morts
illustres. C’est naturellement qu’une idée m’est venue. J’ai cherché
un caillou suffisamment pointu pour espérer m’en servir comme stylet, puis je
me suis approché d’un rocher déchiqueté par le temps et j’ai commencé à graver
le nom de Julia. Mon burin de fortune était si taillant que des plaies ont
commencé à naître sur ma main gauche. Ca me picotait mais cela ne faisait rien,
je n’ai lâché que lorsque les cinq lettres ont été inscrites sur la pierre.
jeudi 13 mars 2008
S'ECOULER - 9
Sur le blog N est paru l'épidode 9 de S'ECOULER. Vous en doutez ? Mais si, regardez en dessous !
{FUIR CAR}
Après avoir poliment
quitter les géniteurs de mon premier amour, je suis discrètement allé faire le
tour de la maison, entourée d’un gazon bien vert ponctué par des jardinières rouges
et jaunes en pleine santé. Je n’ai pas trop pu découvrir l’intérieur de la
maison, à cause des rideaux ringards et usés qui contrastaient singulièrement
avec la classe générale du bâtiment.
Puis j’ai
ressenti l’envie furieuse de marcher alors je suis parti, sans dire au revoir à
personne. L’après-midi touchait à sa fin mais il faisait encore très chaud, et
j’étais tout engourdi. Cela me rappelait les moments où la chaleur me plonge
dans une douce torpeur quand je conduis ma voiture en été. Je crève de chaud
mais j’aime ça, les rayons me bercent. C’est à un tel point que parfois j’en
oublie que je conduis. Je crois qu’à ce moment, je me suis senti bien pour la première fois depuis mon arrivée à
Saint-Malo. Pendant ma marche, j’ai eu l’impression qu’il y avait des bancs
publics sur le chemin tous les cent mètres, et que chacun d’eux affichait des
couples qui se bécotaient avec vulgarité. Cet affichage d’un bonheur outrancier
a manqué de me faire chanceler.
Au bout du
dixième, je n’ai pouvais tellement plus que je me suis assis à côté de deux
homos qui se roulaient des pelles. Ma présence ne les dérangeait visiblement
pas plus que ça. La leur ne me satisfaisait pas quant à moi.
- Alors les pédés on s’aime ?
Le plus costaud a arrêté son
travail et m’a fixé droit dans les yeux. Il s’est levé, a juste répondu
« Oui », et m’a mis un crochet aussi vif que douloureux en pleine
mâchoire. J’étais au sol.
- Ca te pose un problème ?
Comme j’hésitais entre mentir
pour ne pas prendre une volée et ma fierté d’homme, j’ai coupé la poire en deux.
- Un peu...
Après quelques coups de pied
dans le ventre et un peu de vomi sur le sol, j’ai finalement crié :
- Non non, je m’en fous je m’en
fous !
- Connard, a lâché le nerveux,
puis il est allé se rasseoir.
J’ai continué en boitillant sur le chemin du Havre. Je
saignais un peu du nez et les quelques badauds que j’ai croisés s’écartaient
discrètement sur mon passage. J’imagine qu’en plus je puais un peu le vomi.
J’avais l’air d’un toxico probablement. Arrivé sur la plage, je me suis affalé
de tout mon corps qui n’en pouvait plus de se tenir debout. Puis je ne sais
plus.
lundi 10 mars 2008
S'ECOULER - 8
L'épisode 8 est juste au -dessous. Il n'attend plus que vos yeux pour le lire.
{BOIRE POUR}
La rue du Bas
Chemin est apparue, enfin. Le village de Rothéneuf est un endroit connu de tous
les Malouins, car il abrite un jardin gigantesque de statues tordues et
grimaçantes, taillées à même la pierre. Même si elles me faisaient très peur
quand j’étais petit, je demandais toujours à mon père de m’y emmener à vélo,
lors de nos promenades du dimanche matin. J’ai appris plus tard que ces
sculptures étaient l’œuvre d’un abbé sourd et muet qui n’avait plus que la
sculpture pour s’exprimer.
Au moment de
rejoindre les invités qui étaient déjà là en nombre, nous nous sommes séparés
moi et mon couple muet, et nous nous sommes soigneusement évités jusqu’à la fin
de l’après-midi.
L’idée de
découvrir l’endroit où Julia avait passé son enfance et son adolescence
m’excitait beaucoup. J’aurais bien aimé découvrir sa chambre d’adolescente. L’adolescent
décore sa chambre comme son propre intérieur, et l’intérieur d’une fille a
quelque chose de mystérieux et de merveilleux pour un garçon. Cela me rappelle
qu’une grande pédopsychiatre dont le nom m’échappe écrivait que les enfants
représentent leur corps quand ils dessinent des maisons. Fleurs géantes,
couleurs vives et sourire de clown, tout va bien passons au suivant. Absence de
volet, soleil aux rayons tordus, et c’est convocation directe chez le
psychologue scolaire. Au lycée, je m’imaginais souvent les chambres des filles qui
me plaisaient. Cela m’excitait.
J’ai pu faire
la connaissance des parents de Julia. Je ne les avais jamais rencontrés
auparavant. Je me rappelais juste d’une photo de son père, que Julia conservait
dans le portefeuille. Je me remémorais en particulier l’énorme touffe de
cheveux d’un noir de jais. Elle est toujours là, même s’il m’a semblé qu’elle
était plus pâle et moins triomphante qu’il y a dix ans. Le père a eu la bonne
idée de transmettre à sa fille ses traits malicieux, qui ont fait d’elle une
fille pétillante. En revanche, j’ai reconnu peu de Julia dans la mère. C’est
étrange d’ailleurs, car Julia m’avait dit un jour qu’elle ressemblait beaucoup
à sa mère. Peut-être parlait-elle du caractère. En tout cas ils ont tous les
deux été très gentils. Ils ont affirmé se rappeler très bien de moi, dit qu’à
l’époque, Julia ne faisait que parler de moi à la maison, et qu’ils me
remerciaient pour la façon dont je m’étais comporté avec elle. J’ai été tout
abasourdi du flot d’éloges dont ils m’ont gratifié. Pour tout dire, je n’ai pas
cru à la sincérité de leurs louanges, et mets maintenant ceci sur le
compte de l’alcool et du chagrin. La
tristesse rend vulnérable, et la faiblesse rend les gens plus enclins à la
philanthropie. L’alcool aussi, parfois.
J’ai trouvé
leurs signes d’affection d’autant plus étranges qu’après tout j’ai occupé bien
peu de temps dans la vie de leur fille. J’éprouve de la honte à cela, mais au
final ma relation avec Julia a duré seulement quatre mois. Quand je pense à des
amis qui se sont connus à l’age du lycée, et qui sont encore aujourd’hui
ensemble, et même parents pour certains d’entre eux, je me dis que nos
misérables quatre mois ne représentent pas plus que quelques grains de sable.
Ce n’est rien dans la vie d’un homme, même jeune. J’ai repensé à ce que Sophie
m’avait reproché. « Faire toute une histoire pour un vague amour ».
Je l’ai détesté au moment où elle m’a dit ça, alors que maintenant que Julia
est dans une boite en bois, je me rends compte que ce n’était sûrement pas plus
que « vague ».
lundi 3 mars 2008
S'ECOULER - 7
Monsieur N dit "Que l'épidode 7 soit !". Et l'épisode 7 fut.
{CHANGER DE}
A la fin de
l’enterrement, je rejoignais donc la maison en empruntant l’avenue Moka quand
je suis passé devant une voiture occupée par un couple qui se disputait. J’ai
reconnu les deux belligérants car ils avaient assisté à l’enterrement eux aussi.
Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais au moment de dépasser le véhicule, sur un
coup de tête, j’ai accosté le conducteur, un homme d’une trentaine d’années qui
beuglait contre sa compagne, et je lui ai demandé si je pouvais profiter de
leur voiture pour me rendre à l’apéritif, car j’étais venu à Saint-Malo en
train, et n’avais pas de moyen de transport. L’homme s’est tu pendant cinq
secondes, puis il a hoché la tête en bredouillant je ne sais quoi pendant qu’il
m’ouvrait la porte.
Je ne sais pas
si c’est par timidité, ou bien parce que je les dérangeais, mais nous n’avons
quasiment pas échangé un mot. Seulement des banalités comme l’échange de nos
civilités, nos lieux de vie, etc. Lui c’était un cousin lointain qui était
quand même venu car il était de Rennes, qui n’est pas située si loin. Moi,
c’était un vieil ami de lycée de Nantes. La femme n’a pas ouvert la bouche. Un
sentiment de gêne s’est emparé de nous trois, bien que son origine différait
pour chacun. Enfin, j’imagine. Le silence a pris place, et j’ai laissé mon
esprit vagabonder, au gré des souvenirs de mon passé malouin, qui surgissaient
à chaque virage qu’opérait avec brusquerie mon chauffeur malgré lui.
Il y a encore
quelques années, j’étais heureux quand je revenais sur Saint-Malo. Ca me
plaisait, quand j’étais étudiant, de retrouver ma chambre, de défaire mon sac,
et de tout ranger dans mes placards, le temps d’un week-end, ou d’une semaine.
Puis j’ai passé le concours d’entrée au CNRS que j’ai obtenu, par je ne sais
quel miracle. Je suis rentré définitivement dans la vie active avec un CDI de
chercheur en géophysique. C’est lorsque je me suis senti ému un jour, en me
promenant autour de mon ancien lycée, que j’ai réalisé qu’un certain temps
était passé. Je commençais aussi à regarder les femmes dans la rue qui
poussaient devant elle des landaus. Une ère était révolue. Les lycéennes ne
seraient plus que l’objet de fantasmes, irréalisables, par définition (mais
aussi par respect pour la loi). Je me suis senti assez vieux pour revenir dans
ma ville natale avec nostalgie alors qu’avant, c’était simplement avec joie.
L’adolescent était mort et il était devenu adulte à présent.
A cette
période de transition vers la majorité, où je venais d’entrer depuis peu dans
la vie active, je me rappelle avoir rêvé que j’étais enfermé au cœur d’une
clepsydre gigantesque. Les grains de sable qui s’en écoulaient, innombrables,
et semblables à de lourds rochers, m’écrasaient de toute leur masse. En me
réveillant je me suis dit que je devais ressentir ce que l’on appelait le poids
des années. Je n’imaginais pas que cela frappait si tôt dans la vie d’un homme.

